
Le rôle du sacrum dans l’ancrage corporel
Le sacrum est un os discret, profondément ancré au centre du bassin, et pourtant il joue un rôle fondamental dans notre équilibre physique, émotionnel et énergétique. Situé à la base de la colonne vertébrale, il constitue la jonction entre le haut et le bas du corps, entre la stabilité et le mouvement, entre l’ancrage et l’élan vital. D’un point de vue anatomique, il soutient le poids du tronc, protège une partie du système nerveux et participe à la mobilité du bassin. Mais dans une lecture plus globale du corps, le sacrum est aussi intimement lié à la sécurité intérieure, à la relation à soi et à la capacité de se sentir en confiance dans le monde.
Dans de nombreuses approches corporelles et énergétiques, le sacrum est associé au centre émotionnel profond, parfois décrit comme une forme de « cœur intime ». Non pas le cœur relationnel, celui que l’on ouvre à l’autre, mais un espace plus intérieur, plus archaïque, lié au sentiment fondamental d’être en sécurité dans son propre corps. C’est dans cette zone que s’inscrivent très tôt les expériences de protection, de menace, de respect ou de non-respect des limites. Lorsque tout va bien, le sacrum reste mobile, souple, capable d’absorber les mouvements et de soutenir la vitalité. Mais lorsque le corps perçoit un danger, réel ou émotionnel, un mécanisme de défense peut s’installer, souvent de manière inconsciente.
Face à des situations d’abus, de domination, d’intrusion, de non-respect ou de stress prolongé, le système nerveux active des réponses de survie. Le corps cherche alors avant tout à se protéger. Dans la région du bassin, cette protection passe fréquemment par une contraction réflexe, une mise en tension des muscles profonds et une rigidification progressive du sacrum et des structures qui l’entourent. Cette stratégie a du sens sur le moment : elle crée une forme de carapace, un verrou de sécurité. Mais lorsque cette tension devient chronique, elle finit par s’inscrire dans les tissus, dans les fascias, dans la posture, et parfois dans la manière même de respirer.
C’est ainsi que des douleurs lombaires, des raideurs du bassin, des tensions dans les hanches ou des inconforts dans la région sacrée peuvent avoir une dimension émotionnelle sous-jacente, en plus des facteurs mécaniques. Le corps garde la mémoire de ce qu’il a traversé, non pas sous forme de souvenirs mentaux, mais sous forme de schémas de contraction et de vigilance permanente. On parle parfois de mémoire corporelle ou de mémoire émotionnelle inscrite dans les tissus. Dans cette perspective, le sacrum devient un véritable témoin de notre histoire relationnelle et affective, en particulier lorsqu’il s’agit de limites, de consentement, de respect et de sécurité.
Peur de manquer et tensions physiques

Les tensions et douleurs liées au sacrum sont aussi très souvent en lien avec la peur de manquer. Elles peuvent apparaître ou s’intensifier après une perte d’emploi, une séparation, un changement de situation financière, ou toute période où le sentiment de stabilité est fragilisé. Dans ces moments-là, ce n’est pas seulement le mental qui s’inquiète, c’est tout le corps qui entre en mode survie, cherchant à se protéger face à l’insécurité perçue.
La peur de manquer d’argent, de ressources matérielles, de soutien ou de repères peut alors s’inscrire dans le bassin, zone profondément liée à l’ancrage et à la survie. Plus l’attention est focalisée sur ce qui pourrait disparaître ou sur ce qui semble insuffisant, plus le corps peut se contracter, comme s’il devait se préparer en permanence à une menace. Il arrive ainsi que la personne soit objectivement en sécurité, mais que son système nerveux continue à fonctionner comme si le danger était toujours présent.
Il se crée alors une forme de décalage entre la réalité du moment et le sentiment de manque sur lequel l’attention reste fixée. Cette séparation intérieure entretient les tensions physiques, mais aussi l’anxiété émotionnelle, comme si le corps n’avait pas encore intégré que certaines périodes de danger sont désormais passées. Ramener de la conscience, de la douceur et du mouvement dans la zone du sacrum permet peu à peu de réconcilier ces deux niveaux, et d’aider le corps à revenir vers une sensation plus juste de sécurité et de soutien.
Lorsque cette zone est figée, cela peut aussi influencer subtilement la manière dont une personne se positionne dans ses relations. Difficulté à dire non, tendance à se sur adapter, peur du conflit, sensation de devoir se protéger en permanence, ou au contraire impression d’être coupée de ses ressentis corporels. Le corps et le psychisme ne fonctionnent pas séparément : une rigidité physique peut entretenir une rigidité émotionnelle, et inversement. Restaurer de la mobilité dans le bassin, c’est parfois aussi permettre à des émotions anciennes de remonter, d’être reconnues, puis progressivement relâchées.
Comment accompagner la libération émotionnelle
Dans une approche thérapeutique globale, travailler avec le sacrum ne consiste pas seulement à détendre des muscles ou à améliorer la posture. Il s’agit aussi de rétablir un sentiment de sécurité intérieure, de permettre au système nerveux de sortir de l’hypervigilance, et de redonner au corps l’autorisation de se relâcher. Lorsque cette sécurité revient, le sacrum peut peu à peu retrouver sa capacité naturelle de micro-mouvement, ce léger balancement qui accompagne la respiration et qui soutient l’équilibre de toute la colonne vertébrale. Ce relâchement n’est pas uniquement physique, il est souvent accompagné d’un apaisement émotionnel et d’une sensation plus stable d’ancrage.
C’est pour cette raison que de nombreuses personnes constatent, au fil d’un accompagnement corporel et énergétique, que leurs douleurs sacrées diminuent en même temps qu’elles gagnent en clarté relationnelle, en capacité à poser des limites, ou en confiance dans leurs choix. Le travail ne se fait pas « contre » le corps, mais avec lui, en respectant son rythme et ses mécanismes de protection. Il ne s’agit pas de forcer l’ouverture, mais d’offrir suffisamment de sécurité pour que le corps n’ait plus besoin de rester verrouillé.
Le sacrum, en tant que centre de stabilité et de protection, nous rappelle que la guérison émotionnelle passe aussi par le corps. Que l’on ne peut pas toujours résoudre uniquement par la compréhension mentale ce qui s’est inscrit dans les tissus au fil des expériences. En rétablissant une relation plus douce et respectueuse avec cette zone, on soutient non seulement la santé du dos et du bassin, mais aussi un processus plus profond de réconciliation avec son propre espace intérieur, là où la sécurité, la confiance et la capacité à être en lien peuvent à nouveau circuler librement.
Je vous propose un exercice simple et doux pour vous reconnecter à votre sacrum.

Prenez le temps d’aller vous promener, idéalement seul(e), sans téléphone ni distractions, simplement présent(e) à votre corps et à votre respiration. L’objectif n’est pas de « faire quelque chose de bien », mais d’être dans une présence tranquille.
Pendant votre marche, portez doucement votre attention sur la zone de votre sacrum, cette partie du bassin que l’on oublie très souvent. Ressentez le contact de votre corps avec le mouvement, le balancement naturel du bassin, le soutien que cette zone vous offre à chaque pas.
Intérieurement, vous pouvez vous adresser à votre sacrum, comme à une partie de vous qui a peut-être longtemps été en tension ou en protection. Dites lui que, aujourd’hui, vous prenez un moment pour le ressentir pleinement, que vous lui accordez de l’espace, sans attente particulière, simplement avec bienveillance.
Observez ensuite ce que cela vous apporte comme expérience. Peut-être des sensations, peut-être des émotions, peut-être rien de très perceptible au début. Laissez votre corps répondre à sa manière, sans chercher à analyser ni à contrôler.
Vous pouvez aussi visualiser une douce lumière rouge qui se diffuse dans votre sacrum, comme une chaleur rassurante qui détend, nourrit et sécurise cette zone en profondeur. Laissez cette sensation s’installer naturellement, au rythme de votre respiration et de votre marche.
Vous pouvez répéter cet exercice aussi souvent que vous le souhaitez, lors de vos promenades ou même dans des moments calmes chez vous. Plus vous y revenez avec douceur, plus le corps peut progressivement relâcher ce qu’il n’a plus besoin de retenir.
Retrouver la sécurité dans son corps… et dans ses relations
Si vous sentez que votre corps garde encore des tensions ou des protections difficiles à relâcher seul(e), je vous accompagne avec douceur pour libérer ces mémoires émotionnelles, retrouver plus de sécurité intérieure et, peu à peu, vous sentir plus à l’aise pour poser vos limites et vivre des relations plus justes.

Non. Elles peuvent avoir des causes mécaniques, mais lorsqu’elles persistent ou reviennent, une dimension émotionnelle ou liée à la sécurité intérieure peut être présente.
Oui. Lorsque le corps perçoit une insécurité prolongée, il peut entrer en mode survie et créer des tensions, notamment dans le bassin et le sacrum.
Des exercices doux, de la conscience corporelle et un accompagnement adapté peuvent aider à relâcher progressivement les tensions.



