
Comprendre pour transformer, plutôt que répéter
Une histoire longue de déséquilibre
Depuis des siècles, les femmes ont été perçues comme inférieures aux hommes.
Dans de nombreuses traditions, elles ont été présentées comme responsables du « péché », de la tentation, du désordre… comme si leur simple existence venait perturber l’homme et justifier ses débordements.
Ce récit a eu une conséquence profonde :
il a permis de déplacer la responsabilité des comportements violents, abusifs ou irrespectueux vers les femmes elles-mêmes.
Comme si elles étaient coupables de ce qu’elles subissaient.
Ce mécanisme est ancien, profondément enraciné dans les cultures, les religions, les systèmes familiaux…
Et ce qui est le plus douloureux, c’est qu’il est devenu si normalisé que les femmes elles-mêmes ont parfois fini par l’intégrer et le reproduire, consciemment ou non.
Des consciences qui s’éveillent, mais des schémas encore présents
Heureusement, les mentalités évoluent.
De plus en plus de personnes — femmes et hommes — remettent en question ces modèles, ouvrent les yeux, osent nommer l’inacceptable.
Et pourtant, malgré ces avancées, les dynamiques de domination restent très présentes :
dans le couple, dans le travail, dans la sexualité, dans la charge mentale, dans la manière dont on attend encore souvent des femmes qu’elles s’adaptent, qu’elles comprennent, qu’elles portent.
Face à cela, il serait facile de nourrir la colère, la haine, la rancœur.
Et ces émotions sont compréhensibles.
Mais pour ma part, j’ai choisi un autre regard.
Transformer la douleur en force de conscience
Les femmes portent une mémoire collective de blessures, d’humiliations, de silences imposés.
Mais ce vécu, aussi lourd soit-il, a aussi généré une force intérieure immense, une capacité de lucidité, de résilience et de transformation.
Aujourd’hui, beaucoup de femmes sentent qu’il est temps de ne plus simplement survivre, mais de changer la dynamique, chacune à sa manière.
Certaines par la parole, d’autres par l’action, d’autres encore par des voies plus douces, plus intérieures.
Il n’y a pas une seule bonne façon d’agir.
La seule boussole véritable, c’est l’écoute de soi.
Pour ma part, j’ai choisi la voie de la transformation intérieure :
transformer mes blessures en compréhension,
mes peines en capacité d’accompagner,
et libérer ma parole pour montrer que d’autres manières de relation sont possibles.
Car tant que nous restons enfermés dans les anciens schémas, nous rejouons souvent, sans le vouloir, le triangle bien connu :
victime – bourreau – sauveur.
Et ce cycle ne guérit personne.
Féminin, masculin : une dynamique qui concerne tous les êtres humains

Évidemment, lorsque je parle de « femme », je devrais plus justement parler du féminin.
Car ces schémas relationnels ne concernent pas uniquement les femmes au sens biologique du terme, mais bien les polarités féminine et masculine présentes en chaque être humain.
Nous portons tous en nous une part de :
féminin sacré : réceptivité, sensibilité, intuition, capacité de lien, accueil des émotions
masculin sacré : action, structure, direction, protection, mise en mouvement
Lorsque ces deux polarités sont en équilibre, la relation — à soi comme à l’autre — devient plus fluide, plus stable, plus respectueuse.
Mais lorsque le féminin est blessé, écrasé ou insécurisé, et que le masculin est dans le contrôle, la fuite ou la domination, alors les mêmes schémas de pouvoir, de dépendance et de soumission peuvent apparaître, quel que soit le genre de la personne.
C’est pourquoi, même si l’histoire collective a davantage impacté les femmes, les hommes portent eux aussi ces blessures relationnelles, souvent de manière plus silencieuse, moins autorisée socialement à s’exprimer.
Parler du féminin blessé, c’est donc parler d’une mémoire relationnelle qui traverse toute l’humanité, et qui demande aujourd’hui à être reconnue, comprise et transformée.
Observer ses schémas pour reprendre son pouvoir
Plus on apprend à s’observer — dans ses réactions, ses choix, ses émotions — plus on peut identifier quel type de dynamique relationnelle on est en train de nourrir.
Est-ce que je me sur adapte ?
Est-ce que je me tais pour éviter le conflit ?
Est-ce que je cherche à être validée à tout prix ?
Est-ce que je me place dans la dépendance affective ?
Bonne nouvelle :
dès que l’on prend conscience d’un schéma, on peut commencer à en sortir.
Pas du jour au lendemain.
Mais pas à pas, avec plus de présence, plus de discernement, plus de respect de soi.
Dominance, dépendance et chakra sacré : une lecture énergétique

Dans mon approche énergétique, je relie souvent ces dynamiques de domination–soumission à un déséquilibre du chakra sacré, centre énergétique lié à :
- la relation à l’autre
- la créativité
- le plaisir
- mais aussi aux dépendances affectives et émotionnelles
Quand ce centre est activé de manière déséquilibrée dans le relationnel, la relation ne se construit plus sur une base d’amour libre, mais plutôt sur :
- l’attachement excessif
- le besoin de reconnaissance
- l’admiration qui devient soumission
- la peur de perdre l’autre
On n’est alors plus dans un lien d’égal à égal, mais dans une dynamique où chacun cherche inconsciemment à combler ses propres manques.
Ces relations peuvent être très intenses émotionnellement, mais elles nourrissent rarement la sécurité intérieure.
La notion de climat « incestuel » : quand les limites sont floues
Je souhaite ici aborder une notion plus délicate, mais importante : celle du climat incestuel.
Il ne s’agit pas forcément d’abus sexuels.
L’incestuel désigne surtout un environnement où les limites psychiques et émotionnelles de l’enfant ne sont pas respectées.
Par exemple :
un parent trop intrusif
une charge émotionnelle déposée sur l’enfant
une absence d’espace personnel
un enfant utilisé comme soutien affectif
Lorsque ces situations se répètent, l’enfant apprend que :
ses limites ne comptent pas vraiment
l’autre peut entrer dans son espace sans permission
l’amour est lié à la fusion ou à la soumission
Plus tard, à l’âge adulte, cela peut se traduire par des relations où la dominance et la dépendance deviennent « normales », presque familières.
On ne cherche pas la souffrance…
on cherche inconsciemment ce que l’on connaît.
Sortir des anciens modèles pour créer de nouveaux liens

Guérir ces schémas, ce n’est pas accuser, ni se battre contre les hommes, ni nourrir des camps opposés.
C’est réapprendre la relation juste :
relation à soi
relation à l’autre
relation basée sur le respect, la sécurité et la responsabilité émotionnelle
Cela demande du courage, de la patience, et parfois un accompagnement.
Mais c’est possible.
Et c’est exactement ce que je vois, chaque jour, dans les parcours des personnes que j’accompagne :
quand on commence à se libérer intérieurement, nos relations changent naturellement.
Pas parce qu’on force,
mais parce qu’on n’accepte plus ce qui ne nous convient pas.



